(...) Agiter l’épouvantail de la mise à pied d’un quart de la population active (soit sept millions de personnes en France) permet surtout de dissimuler le désastre du libre-échange. Les délocalisations ont détruit des millions d’emplois : la production de textile, de chaussures, de jouets ou la construction navale ont quasiment disparu de notre territoire. L’industrie automobile est en train de connaître le même sort. En dix ans, la France a perdu un tiers de sa production (4).
La déflation salariale importée, c’est-à-dire la baisse tendancielle des salaires provoquée par la concurrence internationale, pèse sur le pouvoir d’achat, menaçant lourdement la demande mondiale et créant les conditions du surendettement. Les déséquilibres dans les balances de paiement engendrent une instabilité systémique : accumulation de colossales réserves de change pour les uns ; déficits abyssaux pour les autres. Ce décalage s’observe autant à l’intérieur de l’Union européenne — ce qui aggrave la crise de l’euro — qu’à l’échelle du monde. La libre circulation des capitaux a conduit notre système financier à une crise perpétuelle.
L’arbre protectionniste (hypothétique) cacherait-il la forêt (bien réelle) du désordre planétaire actuel ? (...)
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